La démocratie a cela de spécifique qu’elle est le seul système, capable de mettre lui-même fin à ses jours. En effet, il repose sur une série de principes parmi lesquels on peut citer la souveraineté populaire, l’indépendance de la justice, et la liberté de la presse, la liberté d’expression ou le respect du droit international. Le premier d’entre eux fait sa force, sa légitimité, mais aussi sa fragilité. Attaquées de toute part depuis des années par des mouvements populistes, nationalistes et libertariens, les démocraties libérales sont proches de perdre la bataille décisive de l’information
Notre système est fort lorsque l’expression populaire est respectée. Et pour s’exprimer par eux même, les citoyens doivent pouvoir être informés des faits. Or depuis la dernière décennie, les pays occidentaux sont en proie à la désinformation, notamment via les plateformes numériques. Particulièrement inquiétant quand on sait que, selon l’étude Selects 2023, qui étudie le comportement électoral des Suisses, 20% d’entre nous s’informent via des sites internet et des réseaux sociaux. Et que la presse traditionnelle est de plus en plus mise sous pression.
Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités
Or ces entreprises, sont toutes entre les mains d’une poignée d’hommes, plus puissants que beaucoup de chefs d’Etat et se comportant comme tels, sans pour autant bénéficier d’une quelconque légitimité démocratique. Emboîtant le pas au libertarien Elon Musk, Mark Zuckerberg, patron de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), a annoncé vouloir renoncer à la modération des fake-news sur ses plateformes. Un acte politique en soi tant il offre un boulevard aux populistes-nationalistes et leurs alliés – notamment la Russie qui soutient par le biais de la désinformation, toute démarche pouvant faire vaciller les démocraties occidentales.
La dernière campagne de votation a vu certains politiciens de premier plan tout à fait respectables nier les études scientifiques au nom de la liberté d’expression ou propager des informations erronées, sans doute soufflées par des lobbies. En étaient-ils conscients ou ont-ils été manipulés ? Dans tous les cas, ces épisodes ont révélé à quel point notre système, pourtant éprouvé depuis longtemps par le populisme, était en danger.
Agir rapidement !
Considérer que le mensonge soit une opinion est une pente vertigineusement glissante et pourtant, c’est une idée de plus en plus répandue. Que pouvons-nous faire ? Boycotter ? Que se passera-t-il quand les opinions ne seront plus séparées par des algorithmes, mais par des plateformes elles-mêmes. La barrière entre information et opinion aura alors complètement disparu, et, vivant en silos, dans des réalités parallèles, nous ne pourrons plus communiquer entre nous.
Le politique a le devoir de défendre notre pays et ses habitants contre ces attaques, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur. En exigeant de ces plateformes une stricte modération, et en garantissant la pluralité des opinions par des médias sérieux. Ne serait-ce que pour que la loi soit respectée et notre belle démocratie préservée.